MATHIEU FRASER-DAGENAIS

information . démarche . travail . presse . contact . liens

DÉMARCHE

Comme l'avait démontré Matoré[3], la construction lexicologique de la pensée s'appuie sur une perception de l'espace. Par extension à l'imbrication de cette pensée qui se forme et de la perception de l'objet de cette pensée, on est forcé d'admettre que cette perception de l'espace conditionne nos actions, nos usages et à défaut de ne pouvoir totaliser, il est possible d'isoler et de construire des modèles opératoires, formes u-topiques de saisissement d'un espace. Le modèle devient alors intéressant, car il est une perception artificielle d'un problème et sa résolution devient magique, possible.

Mon travail s'oriente sur une réflexion de l'espace et de ses espacements. La question de la surface est traitée comme amorce, voire comme condition minimale d'habitation. Dans un va-et-vient entre pensée, espace et modèle se développe un jeu d'ouverture/fermeture où le spectateur cherchera à se positionner, et ainsi, à occuper, voire habiter ce qu'on définira temporairement de lieu, en attendant d'en dégager des nuances sur ses modes d'habitations, de voir s'il y a moyen de s'y habituer.

Mathieu Fraser-Dagenais

[1] DE CERTEAU, Michel, L'invention du quotidien, 1. arts de faire, Éd. Gallimard, Paris, 1990.
[2] Un exemple de cette implication entre la pensée et l'espace serait l'ouverture à l'infini de l'espace par Galilée. On pourrait ensuite penser au travail d'Einstein, et aux découvertes de d'autres physiciens plus contemporains, de ces autres dimensions, qui n'ont pas encore trouvé de répercussions dans nos vies quotidiennes.
[3] MATORÉ, Georges, L'espace humain, Éd. Du vieux colombier, Paris, 1982.

© Mathieu Fraser-Dagenais